La plupart des gens ne deviennent pas proches aidants du jour au lendemain.
Bien souvent, tout commence par de petits gestes : accompagner un parent à un rendez-vous médical, aller chercher une ordonnance à la pharmacie ou donner un coup de main pour l’épicerie. Avec le temps, ces services occasionnels deviennent de plus en plus fréquents. Sans même s’en rendre compte, on passe d’un simple coup de main à un rôle beaucoup plus important, où l’on coordonne une grande partie de la vie quotidienne de son parent. [1]
Les raisons pour lesquelles un parent vieillissant peut avoir besoin de soutien sont nombreuses. Certaines personnes voient leur autonomie diminuer en raison de changements physiques qui rendent les tâches quotidiennes plus difficiles. D’autres se remettent d’une chirurgie ou vivent avec une maladie chronique. Une perte de vision ou d’audition peut également compliquer le quotidien, tout comme des troubles de la mémoire ou des changements cognitifs liés à des maladies comme la démence. Peu importe la cause, le rôle de proche aidant s’installe souvent progressivement, à mesure que les besoins de votre parent évoluent. [5][6]
Vous vous demandez par où commencer? Découvrez notre article Prendre soin de ses parents vieillissants : conseils pratiques pour les proches aidants, qui propose des conseils concrets pour mieux comprendre votre rôle et vous accompagner à chaque étape.

Vous pourriez notamment être appelé à :
- Préparer des repas ou vous assurer que votre parent mange bien.
- Faire l’épicerie ou organiser la livraison des courses.
- L’accompagner à ses rendez-vous médicaux et assurer le suivi des recommandations.
- Gérer les médicaments et les renseignements médicaux.
- L’aider à gérer ses finances, payer ses factures ou effectuer ses opérations bancaires.
- Remplir des formulaires, des réclamations d’assurance ou des documents gouvernementaux.
- Organiser des services de soutien à domicile, de livraison de repas ou d’entretien ménager.
- Adapter le domicile pour le rendre plus sécuritaire ou l’aider dans ses déplacements.
- Lui rendre visite régulièrement afin de réduire l’isolement et la solitude.
- Coordonner les soins avec les autres membres de la famille et les professionnels de la santé.
- Rechercher les ressources communautaires et les services de soutien disponibles.
- Aborder des sujets délicats, comme la conduite automobile, la sécurité à domicile ou la possibilité d’un déménagement vers une résidence pour aînés ou un milieu de vie avec services.
À mesure que les besoins de votre parent évoluent, votre rôle évolue lui aussi. Ce qui n’était au départ qu’un simple coup de main peut peu à peu devenir une part importante de votre quotidien. [1]
Les conversations que l’on préfère éviter
Les responsabilités les plus lourdes ne sont pas toujours les plus concrètes. Elles sont profondément humaines et émotionnelles.
Il viendra peut-être un moment où vous devrez parler de sujets délicats avec votre parent, comme cesser de conduire, accepter de l’aide à domicile, gérer ses finances ou envisager un déménagement dans une résidence pour aînés. Ces conversations sont rarement faciles. Pour plusieurs personnes âgées, l’autonomie est précieuse. Reconnaître qu’elles ont besoin de soutien peut être difficile. Certaines craignent de perdre leur indépendance, de quitter la maison où elles ont vécu pendant des années ou de devenir un fardeau pour leurs proches.
Aborder ces conversations avec empathie, patience et respect peut faire toute la différence. Plutôt que de mettre l’accent sur ce que votre parent ne peut plus faire, essayez de parler de ce qui l’aidera à demeurer en sécurité, en santé et autonome le plus longtemps possible. Ces échanges sont souvent plus constructifs lorsqu’ils se font progressivement et que votre parent est pleinement impliqué dans les décisions qui le concernent. [2][3]
Vous accompagnez un parent vieillissant? Découvrez notre article Comment avoir des conversations difficiles avec un parent vieillissant, qui propose des conseils concrets pour amorcer le dialogue avec bienveillance.

La charge mentale invisible
Au-delà des responsabilités bien concrètes, les proches aidants portent souvent une charge mentale que peu de gens voient.
Se souvenir des médicaments, gérer les rendez-vous, remplir des formulaires, planifier les prochaines étapes et s’inquiéter constamment de ce qui pourrait arriver peut devenir épuisant. Même lorsque vous n’êtes pas auprès de votre parent, une partie de votre esprit continue de penser à ce qu’il reste à faire, à ce qui pourrait survenir ou simplement à se demander s’il va bien.
C’est cette responsabilité mentale et émotionnelle, bien plus que les tâches elles-mêmes, qui fait souvent en sorte que le rôle de proche aidant peut devenir si exigeant.
Le rôle de proche aidant a aussi un impact sur votre vie
Être proche aidant transforme souvent le quotidien de façon inattendue.
Vous pourriez devoir modifier votre horaire de travail, utiliser vos journées de vacances pour accompagner votre parent à des rendez-vous médicaux, reporter un voyage ou renoncer à certaines occasions parce qu’il a besoin de vous. Concilier les besoins grandissants d’un parent avec le travail, la famille et votre propre bien-être n’est pas toujours facile. Avec le temps, plusieurs proches aidants finissent par faire passer les besoins des autres avant les leurs.
Les recherches démontrent que les proches aidants sont plus susceptibles de vivre du stress, de l’anxiété, de la fatigue, des troubles du sommeil, des difficultés financières et de l’isolement social, surtout lorsqu’ils ne reçoivent pas suffisamment de soutien ou qu’ils ne prennent pas le temps de se ressourcer. [1][4]
Références
[1] Centre canadien d’excellence pour les proches aidants. Prendre soin au Canada 2026 : Résultats d’un sondage auprès des proches aidants et des prestataires de soins partout au Canada.
[2] Centre canadien d’excellence pour les proches aidants. Stratégie nationale pour les proches aidants.
[3] Gouvernement du Québec. Reconnaître les personnes proches aidantes.
[4] Curateur public du Québec. Le mandat de protection, les régimes de protection et la planification de l’avenir.
[5] Organisation mondiale de la Santé. Vieillissement et santé.
[6] Société Alzheimer du Canada. À propos de la démence.

